Les coiffures des années 1940

Les années 1940 ont été profondément marquées par la Seconde Guerre mondiale (1939–1945) et ses bouleversements. Alors que de nombreux hommes étaient partis au combat, les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail, occupant des postes dans les usines, les bureaux et les services militaires. Ce nouveau mode de vie, nettement plus actif, a eu une influence directe sur leur manière de se coiffer.
Les coiffures des années 1940 témoignent de la créativité, de l’ingéniosité et de la beauté remarquable des femmes qui les portaient. Dans cet article, nous vous invitons à découvrir les styles emblématiques de cette décennie. Que vous soyez passionnée par les coiffures vintage, amatrice d’histoire ou simplement curieuse de la beauté d’autrefois, nous espérons que ce voyage dans le temps vous plaira.
Les victory rolls

S’il existe une coiffure qui évoque instantanément les années 1940, c’est bien le victory roll. Les victory rolls étaient de larges rouleaux cylindriques de cheveux ramenés vers l’arrière depuis le visage et solidement fixés à l’aide d’épingles. Ils pouvaient être portés des deux côtés de la tête, d’un seul côté ou encore au sommet du crâne sous la forme d’un unique rouleau. Leur volume imposant donnait à celle qui les arborait une allure assurée et pleine d’autorité.
La réalisation des victory rolls demandait un certain tour de main, mais avec un peu de pratique, de nombreuses femmes parvenaient à les façonner elles-mêmes à la maison. Les cheveux étaient d’abord mis en forme à l’aide de larges boucles pincées ou de rouleaux, puis brossés pour obtenir une ondulation souple et volumineuse. Les mèches de devant étaient ensuite enroulées vers l’arrière et vers le haut, fixées avec des épingles à cheveux, puis lissées à l’aide de pommade ou de lotion coiffante.
Les victory rolls étaient adoptés par des femmes de tous horizons : ouvrières d’usine, secrétaires de bureau, femmes au foyer ou encore vedettes de cinéma. Ils s’associaient à merveille aux accessoires capillaires populaires de l’époque, tels que les larges bandeaux en tissu, les résilles pour cheveux et les épingles ornées de fleurs. La popularité de cette coiffure s’est prolongée jusqu’à la fin des années 1940 et même au début des années 1950.
Le pageboy

Le pageboy (ou coupe page) s’imposait comme l’une des coiffures de tous les jours les plus populaires des années 1940. Il s’agissait d’une coupe mi-longue, généralement à hauteur des épaules, dans laquelle les cheveux étaient coupés à une longueur uniforme tout autour de la tête, puis recourbés vers l’intérieur au niveau des pointes afin de créer une silhouette douce et arrondie. Le résultat était à la fois soigné et d'une grande élégance.
Le pageboy était apparu dès les années 1930, mais c’est véritablement au cours des années 1940 qu’il a connu son âge d’or, à une époque où praticité et élégance devaient aller de pair. Comme les pointes étaient tournées vers l’intérieur plutôt que vers l’extérieur, la coiffure conservait plus longtemps son aspect net et risquait moins de se défaire au cours d’une longue journée de travail.
Ce style était particulièrement apprécié des femmes qui souhaitaient conserver une apparence très féminine sans avoir à réaliser des coiffures relevées complexes. Il convenait à merveille aux cheveux naturellement lisses ou légèrement ondulés. Beaucoup de femmes y ajoutaient une raie sur le côté pour apporter davantage de sophistication à l’ensemble, tandis qu’une petite quantité de pommade ou de brillantine permettait de maintenir parfaitement les pointes recourbées.
Les ondulations souples

Les ondulations souples constituaient l’un des piliers de la beauté des années 1940. Contrairement aux coiffures très structurées des années 1930, les ondulations des années quarante étaient plus larges, plus vaporeuses et plus naturelles. Elles évoquaient le mouvement et la douceur plutôt qu’une précision rigide. Ces vagues pouvaient être portées libres jusqu’aux épaules ou intégrées à des coiffures relevées.
Obtenir de si magnifiques ondulations relevait d’un véritable savoir-faire. La plupart des femmes utilisaient une technique appelée « pin curls », qui consistait à enrouler les cheveux humides en boucles plates et circulaires, à les fixer avec une épingle, puis à les laisser sécher. Une fois secs, les cheveux étaient soigneusement brossés et retravaillés au peigne afin de former de longues ondulations harmonieuses. Le résultat était profondément romantique et gracieux.
Les ondulations souples étaient la coiffure favorite de nombreuses stars de cinéma de l’époque. Rita Hayworth portait de longues vagues rousses en cascade qui sont devenues l’une des images les plus emblématiques de l’histoire du cinéma. Lana Turner et Greer Garson affectionnaient également ce style, et leur influence en fit une coiffure de rêve pour des millions de femmes à travers le monde.
Le pompadour

Le pompadour consistait à relever et à ramener vers l’arrière la partie avant des cheveux afin de créer un volume important au sommet de la tête. Cette coiffure donnait à celle qui la portait une présence majestueuse et affirmée, tout en s’accordant aussi bien avec des tenues décontractées qu’avec des vêtements plus sophistiqués.
Le pompadour tire son nom de Madame de Pompadour, favorite du roi Louis XV, qui avait popularisé au XVIIIe siècle une coiffure similaire portée vers le haut et l'arrière. À l’arrivée des années 1940, le style avait considérablement évolué, mais il conservait cet esprit de confiance aristocratique qui faisait tout son charme.
Dans les années 1940, le pompadour était souvent associé à d’autres éléments : des victory rolls sur les côtés, des boucles souples à l’arrière ou encore un chignon lisse dans la nuque. Cette combinaison permettait d’obtenir une coiffure à la fois spectaculaire et équilibrée. Les femmes travaillant dans les bureaux ou occupant des postes à responsabilité l’appréciaient énormément, car la hauteur supplémentaire renforçait leur présence et leur assurance.
Le snood et la résille

Aucun aperçu des coiffures des années 1940 ne serait complet sans évoquer le snood : une résille en crochet ou en tricot qui enveloppait l’arrière de la chevelure dans une sorte de poche souple et décorative. Le snood était sans doute l’accessoire capillaire le plus pratique des années de guerre, tout en restant très tendance.
Pour les femmes travaillant dans les usines, le snood constituait un élément de sécurité essentiel. Il permettait de maintenir les cheveux longs bien en place et de les éloigner des machines dangereuses. Mais en dehors des ateliers, les femmes le portaient également comme un véritable accessoire de mode. On en trouvait dans une grande variété de matériaux : des résilles fines noires, brunes ou ivoire, des modèles colorés en laine crochetée, des versions agrémentées de velours pour les soirées ou encore des snoods ornés de perles pour les occasions spéciales.
Même les femmes qui n’avaient pas besoin de porter une résille pour des raisons professionnelles adoptaient ce style, car il était élégant, soigné et conférait à l’apparence une touche charmante, presque médiévale.
Le chignon

Pour une allure véritablement distinguée, rien ne rivalisait avec le chignon. Cette coiffure classique consistait à rassembler les cheveux à l’arrière de la tête ou dans la nuque, puis à les fixer en un nœud lisse et arrondi. Le résultat était toujours raffiné et sophistiqué.
Le chignon n’était pas une nouveauté des années 1940 - il faisait partie depuis des siècles des coiffures emblématiques des femmes élégantes - mais il a connu un regain de popularité exceptionnel pendant les années de guerre pour une raison très simple : il permettait de maintenir les cheveux longs relevés et hors du visage. Les femmes exerçant des professions exigeant une apparence irréprochable, comme les infirmières, les enseignantes ou les employées de bureau, en avaient fait leur coiffure quotidienne de prédilection.
Ce qui rendait le chignon des années 1940 si remarquable, c’était la manière dont il était accessoirisé. Les femmes y ajoutaient des fleurs fraîches ou en soie, des peignes ornés de bijoux ou encore des rubans de velours ou de satin enroulés avec art. Certaines préféraient une version plus décontractée en laissant quelques boucles s’échapper au niveau des tempes ou en conservant de fines mèches souples pour encadrer doucement le visage.

Même si les coiffures longues dominaient la décennie, toutes les femmes ne portaient pas les cheveux longs. Les coupes courtes étaient également très appréciées, en particulier par celles qui trouvaient les longueurs peu pratiques ou qui préféraient tout simplement une apparence plus nette et plus facile à entretenir. Et au cœur de presque toutes les coiffures des années 1940 se trouvaient les boucles pincées (pin curls).
Les boucles pincées constituaient la base absolue de la coiffure des années 1940. Une mèche de cheveux humides était enroulée plus ou moins serrée autour d’un doigt (selon la taille de boucle souhaitée), aplatie contre la tête puis fixée à l’aide d’une simple épingle. Des dizaines de ces boucles étaient réalisées sur l’ensemble de la chevelure, souvent recouvertes d’un filet, puis laissées à sécher avant d’être soigneusement brossées afin de créer des ondulations, des boucles ou du volume.
Pour les femmes aux cheveux courts, les boucles pincées servaient à former de douces ondulations bien dessinées près du cuir chevelu. Dans les années 1940, les cheveux courts n’étaient jamais austères ni masculins ; ils conservaient toujours une douceur infiniment féminine grâce au travail des vagues et des boucles.
Les coiffures semi-attachées

Les coiffures semi-attachées, dans lesquelles le dessus et les côtés de la chevelure étaient relevés et fixés tandis que le reste demeurait libre, furent extrêmement populaires tout au long de la décennie. Elles représentaient l’équilibre parfait entre praticité et féminité : elles permettaient de dégager le visage tout en mettant en valeur la longueur de la chevelure.
La version la plus simple consistait à rassembler la partie supérieure de la chevelure en un petit rouleau ou un petit chignon placé au sommet de la tête, tandis que de douces ondulations retombaient dans le dos. Les versions plus élaborées incorporaient des victory rolls sur le dessus, alors que les longueurs restaient libres sous forme de grandes vagues cascadeuses. Le contraste entre la structure travaillée du haut et la fluidité du bas était particulièrement séduisant.
Les accessoires capillaires jouaient un rôle essentiel dans ces coiffures semi-attachées. Les larges bandeaux en tissu étaient très à la mode et servaient à maintenir les cheveux en arrière tout en apportant une touche charmante et espiègle. Des peignes en écaille, des barrettes décoratives ainsi que des fleurs étaient également utilisés pour sublimer les parties supérieures de la coiffure.
Les cheveux et l’uniforme

Pour les dizaines de milliers de femmes ayant servi dans les forces armées durant la Seconde Guerre mondiale, les règles concernant la coiffure étaient strictes. Les cheveux devaient impérativement rester au-dessus du col de l’uniforme. Cela signifiait que la plupart des femmes militaires portaient leurs cheveux attachés ou adoptaient une coupe courte.
Pourtant, même dans ce cadre réglementé, elles trouvaient de merveilleux moyens d’exprimer leur personnalité. Les boucles pincées, les ondulations impeccablement dessinées et les chignons parfaitement lisses devinrent la signature des femmes en uniforme, démontrant que l’élégance et la discipline pouvaient parfaitement coexister. Nombre de femmes qui portaient auparavant les cheveux longs les firent couper pendant les années de guerre et découvrirent alors à quel point elles appréciaient la liberté et la praticité des cheveux courts.
L’influence militaire introduisit également une certaine netteté et une grande précision dans les coiffures du quotidien. Les femmes qui ne servaient pas dans l’armée adoptaient souvent des coiffures tout aussi soignées et maîtrisées, soit par souci pratique, soit par solidarité envers celles qui étaient engagées dans l’effort de guerre.
Couleur et texture

La coloration capillaire existait déjà dans les années 1940, mais elle était beaucoup moins sophistiquée qu’aujourd’hui. La décoloration au peroxyde d’hydrogène était couramment utilisée pour éclaircir les cheveux, tandis que le henné était employé depuis des siècles pour apporter de reflets roux. Cependant, toute la gamme de colorations permanentes que nous connaissons actuellement était encore en cours de développement. La plupart des femmes composaient donc avec leur nuance naturelle.
Les permanentes étaient quant à elles très populaires et servaient à donner des boucles aux cheveux naturellement raides. Une permanente chimique pouvait durer plusieurs mois et facilitait considérablement l’obtention de ces coiffures souples et ondulées alors si en vogue. Toutefois, ces traitements pouvaient parfois se révéler agressifs pour la fibre capillaire.
Les lotions de mise en plis constituaient l’équivalent de nos mousses coiffantes ou laques actuelles. Fabriquées à partir d’ingrédients naturels tels que le sirop de sucre, la gomme adragante ou les graines de coing, elles étaient appliquées sur les cheveux humides avant la mise en forme et aidaient la coiffure à conserver une tenue irréprochable une fois sèche.
La fin des années 1940

Lorsque la guerre prit fin en 1945 et que le monde commença à se reconstruire, les tendances capillaires évoluèrent progressivement. Le côté strictement pratique imposé par les années de conflit commença à laisser place à des styles plus doux, plus raffinés et plus romantiques.
À la fin de la décennie, les cheveux devinrent légèrement plus longs, plus souples et coiffés de manière moins rigide. Les victory rolls très structurés ainsi que les pompadours commencèrent à perdre de leur sévérité, laissant place à des coiffures plus volumineuses qui encadraient délicatement le visage. Les chignons stricts hérités de la période de guerre se transformèrent peu à peu en versions plus floues et aériennes.
Cette transition ne fut pas soudaine - les modes capillaires n’évoluent jamais du jour au lendemain - mais, à l’aube des années 1950, les bases des coiffures douces et ultra-féminines qui allaient caractériser la nouvelle décennie étaient déjà solidement établies.
Le style 1940 aujourd'hui

Plus de quatre-vingts ans plus tard, les coiffures des années 1940 continuent de fasciner et d’inspirer. Des passionnées de coiffure vintage à travers le monde consacrent leurs week-ends à perfectionner l'art du victory roll et des ondulations souples. De nombreuses mariées choisissent des chignons inspirés de cette époque pour le plus beau jour de leur vie. Les maisons de haute couture, quant à elles, puisent régulièrement leur inspiration dans cette décennie au fil de leurs collections.
Qu’est-ce qui rend les coiffures des années 1940 aussi intemporelles ? Peut-être leur alliance unique entre praticité et distinction. Peut-être le fait qu’elles aient été créées par de vraies femmes menant de vraies vies, avec des outils simples mais un immense savoir-faire. Peut-être encore leur association avec une époque marquée par un courage et une résilience exceptionnels. Ou peut-être tout simplement parce qu’elles sont, de manière tout à fait objective, magnifiques : structurées tout en restant douces, audacieuses tout en demeurant profondément féminines.
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